Il n’y a plus d’autorité… ! entend-t-on souvent ! Les gens ne respecteraient plus les personnes en position hiérarchique, les jeunes en particulier leurs parents et adultes. Et certains d’ajouter que notre société se caractérise par le déclin du patriarcat, et que le complexe d’Œdipe, où la question du Père est centrale, ne serait qu’une élucubration qui a fait son temps.
Mais certains professionnels des établissements et services sociaux, médico-sociaux et de soin affirment aussi qu’ils sont plus soumis aujourd’hui à des injonctions venant de l’Etat, aux recommandations qu’il édicte et à une réglementation multiforme ; tandis que les directions et l’encadrement sont parfois présentés comme prenant des décisions arbitraires ou au contraire comme figurant aux abonnés absents.
Alors, absence d’autorité ou trop d’autorité ? Comment comprendre ce paradoxe ?
La distinction entre autorité légitime, pouvoir et autoritarisme permet sans doute de voir les choses différemment. De plus, le rapport au règlement, au cadre et à l’autorité comporte à la fois une dimension sociale et une dimension psychique inconsciente : en arrière-plan du respect de la loi ou des règles sociales, pour tout un chacun il y a un rapport spécifique à la loi symbolique qui implique le rapport à la mort (inscription dans une filiation) et à l’autre humain (homme / femme), qui a pour fondement une acceptation et sujétion aux lois de la parole (toute phrase étant un espace de grande liberté dans un système très rigide, spécifique à chaque langue).
Et on peut faire l’hypothèse que ceux (‘usagers’ ou ‘patients’) qui ont maille à partir avec la loi et les règles sociales sont en proie à des conflits psychiques intenses et complexes, que les traitements médicamenteux ne peuvent abolir et que le travail éducatif rencontre au quotidien. Cette articulation (social – psychique) peut – elle se lire alors au travers des questions suivantes :
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dans la mesure où la négation et le refus sont des modalités d’affirmation de sa place de sujet, peut – on voir dans des actes transgressifs, dans des « passages à l’acte » répétés, des modalités de demande de reconnaissance d’une position masculine ou féminine ?
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étant donné que dans les problématiques de psychose, le rappel du cadre peut prendre une tournure persécutive, comment les professionnels repèrent ce qui fait autorité de façon spécifique pour untel et comment inventent-ils des dispositifs singuliers contenants et apaisants (chez un enfant par exemple ce peut être un certain ton de voix ; chez d’autres, un geste, une présence, une activité, etc.) ?
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enfin, comment un cadre symbolique institutionnel tient-il face à des tendances perverses où le sujet jouit inconsciemment de créer de l’angoisse chez l’autre, provoquant tensions dans les équipes et affectant certains professionnels (qui peuvent être au travail avec un malêtre chevillé au corps).
Ces repérages sont – ils pertinents ? Quelle est leur actualité face au discours courant sur le déclin du père et de l’autorité ? D’autres sont – ils utilisés ? Permettent-ils aux professionnels d’identifier la place où ils sont mis de façon répétitive par tel comportement d’une personne en établissement ou accompagnée par un service ambulatoire ? Et de repérer leur place dans leur organisation de travail et pour leur direction et administration de tutelle, à l’heure ou de nombreux services se reconfigurent en plates-formes?
Ce sont ces questions que nous voulons mettre au débat lors de cette journée, avec la perspective qu’elle soit un espace d’échange et de liberté….de penser.